Gespa alerte : les paris sportifs toujours au cœur des risques en Suisse
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Gespa alerte : les paris sportifs toujours au cœur des risques en Suisse
Le dernier rapport 2024 de la Gespa confirme l’efficacité des contrôles en ligne tout en soulignant les dangers persistants liés aux paris sportifs, notamment chez les jeunes joueurs.
📊 Un bilan globalement positif, mais un secteur qui inquiète toujours
L’autorité intercantonale de surveillance des jeux d'argent (GESPA), vient de publier son évaluation annuelle des mesures de protection des joueurs appliquées par Swisslos et Loterie Romande. Si les mécanismes de prévention en ligne sont jugés solides et conformes, un secteur continue d’exiger une vigilance accrue : les paris sportifs.
Le régulateur note que les opérateurs vont « au-delà » des obligations légales, notamment grâce à des limites de pertes imposées et contrôlées. Cette mesure, considérée comme l’un des outils de prévention les plus efficaces, limite les pertes mensuelles à 2 000 CHF pour la plupart des jeux en ligne, et jusqu’à 9 999 CHF pour Sporttip, l’offre de paris sportifs de Swisslos.
⚠️ Les paris sportifs : un produit à risque élevé
Malgré un recul général des pertes moyennes par joueur en 2024, la Gespa souligne que les paris sportifs en Suisse demeurent le produit le plus sensible. Le rapport montre que la majorité des joueurs dépassant les 2 000 CHF de pertes mensuelles se retrouvent précisément dans cette catégorie.
Plus préoccupant encore : ce groupe est composé en grande partie de jeunes hommes âgés de 18 à 29 ans, un public identifié depuis plusieurs années comme particulièrement vulnérable au jeu excessif.
Pour la Gespa, le message est clair : renforcer la surveillance dans ce segment est « essentiel » et doit rester une priorité nationale.
🏪 Des faiblesses persistantes dans le réseau de vente physique
Si les contrôles numériques progressent, les points de vente physiques — où 77 % du produit brut des jeux a été généré en 2024 — posent davantage de défis. Les kiosques et commerces partenaires disposent de moyens limités pour mettre en œuvre ou mesurer l’efficacité des dispositifs de protection.
La Gespa salue toutefois les programmes de formation destinés aux vendeurs, mais pointe un problème de fond : un possible conflit d’intérêts. Les détaillants sont à la fois responsables d’identifier les comportements à risque… tout en étant rémunérés à la commission sur les ventes.
L’autorité va même plus loin en recommandant une mesure forte : interdire aux gérants et employés des points de vente de jouer eux-mêmes aux jeux qu’ils distribuent.
🏛️ Un débat politique en cours à Berne
Ces préoccupations rejoignent celles soulevées par la conseillère nationale Jessica Jaccoud, qui propose de remplacer les commissions par une rémunération forfaitaire afin de réduire la pression commerciale. Son initiative affirme que le système actuel incite à pousser les ventes tout en imposant aux détaillants une responsabilité incompatible : repérer les joueurs en difficulté.
La proposition a été rejetée par la Commission de la science, de l’éducation et de la culture, mais le rapport de la Gespa lui donne indirectement du poids en soulignant l’existence d’un « conflit de rôles » préoccupant.
🔍 Inspections renforcées en 2025
Pour répondre aux lacunes constatées dans le réseau terrestre, la Gespa annonce de nouvelles inspections en 2025, notamment des opérations de « mystery shopping » pour tester le respect de la protection des mineurs et le comportement du personnel face aux joueurs problématiques.
Ces contrôles sont une suite logique aux nombreuses irrégularités relevées en 2024 dans la vente physique de paris sportifs. Swisslos et Loterie Romande ont déjà renforcé la formation de leurs mandataires, avec plusieurs centaines de contacts enregistrés auprès de leurs cellules internes de prévention.
🛡️ Un modèle suisse qui se durcit face aux opérateurs illégaux
La lutte contre les sites non autorisés reste également un pilier central. En août 2025, la liste noire nationale comptait près de 2 600 domaines bloqués. En Suisse, seuls les opérateurs titulaires d’une licence délivrée par la Gespa ou l’ESBK peuvent proposer des jeux en ligne.
Selon la Gespa, maintenir un marché légal compétitif constitue lui-même une mesure de prévention : les opérateurs doivent pouvoir proposer des jeux attractifs pour éviter la fuite des joueurs vers des plateformes illégales, souvent moins sécurisées.
📝 Conclusion
Le rapport 2024 de la Gespa montre que la Suisse avance dans la bonne direction, notamment en matière de contrôle en ligne. Mais il rappelle aussi que les paris sportifs restent un point critique, tant sur Internet qu’en points de vente. Alors que le débat politique se poursuit, la priorité demeure inchangée : garantir un environnement de jeu responsable, sûr et cohérent pour tous les joueurs.
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